Une méthode syllabique permet de poser les bases de la lecture surtout quand les premiers apprentissages ne se sont pas bien passés

Nous appelons ici "méthode syllabique" toute méthode visant à enseigner systématiquement les relations graphèmes-phonèmes ou encore le déchiffrage.

 

L'importance de cet enseignement systématique ressort de nombreuses études internationales. Ainsi, dans une lettre au Monde de mars 2006 co-écrite par de nombreux scientifiques autour de Franck Ramus intitulé Un point de vue scientifique sur l’enseignement de la lecture, il est précisé que "l'enseignement systématique du déchiffrage est particulièrement supérieur aux autres méthodes pour les enfants à risque de difficultés d'apprentissage de la lecture, soit du fait de faiblesses en langage oral, soit du fait d'un milieu socio-culturel défavorisé."

 

Dès lors qu'un enfant est en difficulté pour suivre la progression de lecture au CP, et encore plus s'il est en CE1, il convient d'adopter une méthode de lecture syllabique et de mettre en place un entraînement phonologique, en plus de sa méthode habituelle, ou à la place de celle-ci en accord avec l'enseignant de sa classe. Il s'agit de lutter le plus précocement possible contre une habitude de "devinette" chez l'enfant, attitude qu'il est très difficile à changer par la suite.

Le bilan permet de déterminer quelles sont les difficultés pour pouvoir y remédier
Le bilan doit permettre d'identifier le type de difficultés rencontrées

Il n'est bien sûr pas question de commencer des séances sans prendre le temps de comprendre ce qui se passe. Un bilan permet de préciser les points faibles de l'enfant qui l'amènent à être en difficulté. S'agit-il d'une conscience phonologique insuffisamment entraînée ? D'une méconnaissance de la langue ? De problèmes de type "dys-" (dyspraxie, dyslexie, dysorthographie...) ? D'un problème psychologique empêchant l'investissement dans les apprentissages ? De troubles du fonctionnement cognitif ?... Les raisons peuvent être variées, voire multiples.

Ce premier bilan permet également de faire apparaître le plus précisément possible le niveau de départ afin de voir l'effet de la prise en charge et la réorienter si nécessaire.

 

Il faut aussi s'intéresser aux points forts qui permettent de savoir sur quoi l'enfant peut s'appuyer pour progresser.


Dans la très grande majorité des situations, la méthode de lecture la plus adaptée est alors une méthode syllabique, avec éventuellement l'ajout de gestes de type Borel-Maisonny, gestes de préférence choisis avec l'enfant.

 

En effet, il est alors plus que jamais nécessaire de mettre en œuvre les principes recommandés dans la conférence de consensus sur la lecture publiés sur le site de la CNESCO sur la lecture :.

En complément d'une méthode syllabique, il est facilitateur d'ajouter des gestes, qui peuvent être inventés par les élèves
Le geste correspondant à "o" dans la méthode Borel Maisonny

  • Enseigner le principe alphabétique et acquérir la capacité d’analyser les mots à l’oral pour en identifier les composants phonologiques (les syllabes puis les phonèmes).
  • Introduire rapidement au moins une dizaine de correspondances graphèmes/phonèmes, afin de permettre de décoder des mots de façon autonome.
  • Faire régulièrement des exercices d’écriture parallèlement à ceux de lecture : écrire, des syllabes d'abord, des mots puis des phrases multiplie les effets de l'apprentissage
  • Faire régulièrement lire à haute voix.
  • Principes auxquels il faut ajouter l’implication, le soutien et l’accompagnement des parents pour favoriser une interaction autour de l’écrit dans la vie de l’enfant et compenser les inégalités socio-économiques, selon les modalités précisées précédemment.
La méthode de lecture Je lis, j'écris est complète, alternant lecture et écriture, tout en étant ambitieuse
Exemple de manuel de lecture CP : Je lis, j'écris

Une méthode de lecture syllabique peut et doit être ambitieuse au niveau vocabulaire comme Je lis, J'écris paru aux Lettres Bleues. Souvent, on pense qu'il faut simplifier beaucoup pour les élèves en difficulté, alors qu'on limite nos ambitions et celles de l'enfant.



N'oublions pas que la situation d'enseignement est constituée d'un ensemble d’interactions dans lequel il est vain de vouloir isoler l'élément qui permettra de trouver les clés dans toutes les situations. Nous disposons toutefois de résultats de recherches qui permettent d'affirmer que dans un certain nombre de domaines, il est plus profitable pour l'élève - et, partant, pour l'enseignant - de procéder d'une manière précise.

Nous le voyons ici pour les méthodes de lecture utilisées. Cette méthode est toutefois à associer à un travail sur l'enseignement explicite, sur l'état d'esprit de développement ou mentalité perfectible, l'amélioration de la mémoire, les auto-limitations ou la pédagogie différenciée, voire  la gestion des élèves à besoins éducatifs spécifiques.